Voir Venise et vomir, d'Antonio Albanese

Publié le par Paco

Voir Venise et Vomir, d'Antonio Albanese
BNS Presse / 2017
72 pages

Cet ouvrage fait partie des dix livres sélectionnés pour le prix du meilleur "polar" romand qui sera décerné lors du salon du polar à Lausanne, "Lausan'noir".

Bon, le style. J'avoue que le style est sympa. C'est cash, rapide et sans détour. L'auteur ne va pas par quatre chemins pour narrer les choses. C'est très direct, ça va droit au but, et on passe rapidement à la suite. Le narrateur est un détective homosexuel - je le précise car l'auteur en parle à outrance - qui enquête à Venise sur la mort d'un de ses amants, Fabrizio. Ce dernier est retrouvé mort dans un canal.

Je fais juste une parenthèse concernant l'homosexualité: l'auteur doit énormément tenir à la liberté de cette pratique, car la trame de ce récit est un réel combat qui tend à l'acceptation et à la tolérance. Il le fait d'une manière cash et crue mais aussi avec humour et détermination. Est-ce une manière de faire réfléchir le lecteur sur le sujet? Peut-être, mais certainement aussi sur la tolérance en général.

Nous sommes en Italie et, là aussi, l'auteur place un accent sur des sujets sensibles, surtout mis bout à bout (si j'ose dire...). L'Eglise, le cul ou encore les pédales - c'est lui qui le dit-. Le beau bénédictin qui se fait prendre dans une église ne restera pas ici juste un cliché, mais une dure réalité. Je dis dure car l'image ne me parvient pas d'une manière très agréable.

Bref. Pour le narrateur - donc le détective -, l'enquête sur la mort de Fabrizio sera davantage un prétexte pour nous causer que pour nous montrer ses talents de fin limier. Il y va franchement, parfois avec dédain, souvent avec franchise, ce qui a l'art de nous faire sourire. Il s'en fout totalement de savoir si cela nous intéresse, si cela nous plait ou même nous concerne. Il nous cause car nous sommes là à l'écouter. 

L'auteur nous fait découvrir Venise avec un regard vrai et non touristique, e l'atmosphère générale à l'architecture, en passant par la vie sociale. J'avoue avoir décroché une ou deux fois, tout de même, car ça part vraiment dans tous les sens d'une seconde à l'autre! Mais, paradoxalement, c'est aussi la technique qui fait tout son charme dans ce bouquin.

Cet ouvrage se compose d'environ 70 pages, tant mieux, car au final je commençais à m'en lasser. C'est drôle, ironique, sarcastique, mais au bout d'un moment j'ai eu envie de passer à autre chose. Le format est donc bien adapté, juste ce qu'il faut pour cette narration bien spécifique.

Bonne lecture. 

Publié dans Littérature suisse

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