Te laisser partir, de Clare Mackintosh - Un joli coup de Maître, bluffant!

Publié le par Paco

"Te laisser partir"de Clare Mackintosh
Marabout Thrillers / 2016
451 pages

Une belle manipulation qui a pour effet de nous asséner un sacré direct dans la gueule! Et je vous rassure - ou non -, on ne le voit pas arriver. D'ailleurs, je pense que ce n'est tout simplement pas possible.

Le vrai calme avant la tempête. L'auteure se fout bien de notre gueule durant de nombreuses pages, calmement, en nous tirant par la main, avec grande délicatesse, presque en nous souriant. Tout ceci pour nous conduire, en toute confiance, vers son récit pervers et cruel.

Mais au tout début, pas le temps de trop souffler, c'est le choc: un enfant, sa maman, de la pluie, une voiture. Ces ingrédients mis ensemble supprimeront une vie, la plus jeune. Un autre de ces ingrédients partira sans laisser d'adresse: le véhicule fautif.

L'enquête démarre immédiatement, évidemment, et nous faisons connaissance avec le groupe de Ray Stevens, de la police criminelle de Bristol, en Angleterre. Malheureusement, c'est le néant, pas une seule piste.

Une personne dans cette histoire, une jeune inspectrice tenace, crochera son hameçon dans une zone solide et ne la lâchera plus. On ne peut pas laisser tomber certaines affaires... 

Ce que nous allons vraiment suivre, c'est une autre fuite, mais sans pour autant être un délit. Une femme va tout laisser tomber - pour ce qu'il reste... -, et fuir. Peu importe où et comment, juste quitter une vie mortelle et prendre une autre au passage. Fuir, mais oublier? Non. Elle s'isolera tout de même pour tenter de remonter à la surface d'une eau bien trouble et agitée.

Au niveau de la narration, c'est intéressant. Le récit est raconté à la 3ème personne, - en tant qu'observateurs -, sauf lorsque cela concernera deux personnages-clé: c'est eux qui nous parlent, direct, sans filtre, et qui nous expliqueront tout. Deux personnes dont la rencontre engendrera le pire.

L'auteure de ce thriller a été flic et cela se remarquera par la qualité de l'enquête que nous suivons. Étant flic moi-même, je peux avancer le fait que le déroulement, mais aussi le ton, ou encore les émotions, sont fidèles à la réalité. Frustrations, heures supplémentaires, surcharge de travail et, surtout, une vie à côté du boulot de flic.

L'auteure ne négligera pas le fait qu'un flic est aussi actif hors de son job, avec ses lots d'emmerdes, son entourage, ses problèmes liés à sa famille. Ce côté-là n'est pas à négliger et l'auteure ne nous le fera pas oublier. Ce qu'elle nous expliquera aussi par ce récit, c'est qu'il ne faudrait peut-être pas mélanger les deux vies, dans tous les sens du terme.

Au niveau du rythme, c'est assez long durant le premier tiers. C'est bien écrit, tout semble se mettre en place, tout en douceur, histoire de bien ancrer le récit. Tellement bien ancré que l'auteure trouvera une très bonne stabilité pour nous envoyer un puissant coup de pied au cul.

À mi-parcours, c'est un retournement de situation total, le fameux coup de poing en pleine face. Et à partir de ce moment, on commence à comprendre, l'effeuillage de l'intrigue débute vraiment.

Nous découvrirons alors un pan du roman qui nous mettra très mal à l'aise, l'histoire devenant malsaine et dérangeante. Dérangeante pour nous car l'auteure laisse le doute planer à outrance, et malsaine concernant les faits dont nous sommes témoins. Je dois dire que cela devient très difficile de prendre position et de dire ce qui est bien ou mal.

Le dénouement est une course contre la montre, une montée d'adrénaline en puissance. Le boulot de flic est bien mis en évidence et ça fait plaisir de constater - bien que cela soit une fiction - que des hommes et des femmes se battent jusqu'au bout, voire au-delà, pour que la justice soit rendue. Un bel exemple de ténacité.

On ne ressort pas complètement indemne d'une telle histoire!

Bonne lecture. 

Publié dans Littérature anglaise

Commenter cet article