"Satan était un ange", de Karine Giébel

Publié le par Paco

"Satan était un ange", de Karine Giébel
Éditions Fleuve noir / 2014
376 pages

Une fuite. Un homme aux abois, François, 47 ans, avocat. Toujours aller plus loin, n'importe où, pour éviter d'être foutu. De toute manière, selon lui, il est déjà mort. Étonnant, mais finalement pas tant que ça, lorsque l'on sait pourquoi. Cet homme est condamné, c'est indéniable.

Lors de cette "fuite", il fera monter un auto-stoppeur dans sa BMW. Pas son genre pourtant. L'auto-stoppeur c'est Paul, 19 ans. Lui aussi fuit. Il laisse derrière lui quelque chose d'étrange, une sale affaire, c'est certain. Quoique c'est assez flou.

Voici comment débute ce thriller de Karine Giébel, une fuite pour échapper à une mort pourtant certaine. Qui, pourquoi, comment?

L'écriture de Karine Giébel est sèche, dure et sans concession. Nous sommes dans une sorte d'étau qui se resserre toujours un peu plus. Mais parallèlement, l'histoire donne une sorte d'espoir, nous percevons une sorte de liberté, mais qui reste très particulière.

Deux hommes radicalement différents vont se compléter pour former une sorte de thérapie de la vie. C'est franc, cash et sans détour.

Karine Giébel aborde la maladie, celle qui ne cède plus aucune chance, mais celle qui permet peut-être d'apprendre la vie, tout en la perdant. Très paradoxal je vous l'accorde.

Un apprentissage de la mort, du moins de son approche, cela fait tout de même réfléchir.

Nous allons ensuite descendre encore plus bas dans la douleur. Après quelques révélations chocs, nous connaîtrons à peu près tout. Ce qui va être intéressant à partir de ce moment-là, c'est de découvrir l'attitude d'un type qui arrive à comprendre et, surtout, accepter l'inacceptable. J'essaie de me mettre à sa place, mais ça reste compliqué.

Lorsque nous sommes aux portes d'une mort certaine, notre vision des choses change, notre perception de la morale se modifie sensiblement, voire complètement. Sommes-nous peut-être même plus courageux? Je ne sais pas si le terme est correct.

Une amitié forcée, une fin de vie biaisée, Karine Giébel donne un panel de "possibilités de réactions" face à une situation tout de même un peu poussée.

C'est bien écrit, c'est rythmé mais, au final, je ne suis pas resté aussi scotché que cela. Une belle histoire d'amitié, mais aussi l'occasion de vivre aux côtés d'un homme qui s'éteint à petits feux, mais qui s'accroche à une nouvelle source pour terminer sa vie.

Bonne lecture.

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Alex-Mot-à-Mots 14/06/2016 13:20

Une lecture un peu décevante également. L'auteure nous avait habitué à mieux.

Paco 14/06/2016 14:00

Suis en train de lire Jusqu'à ce que la mort nous unisse. Encore un autre style!

Bernieshoot 13/06/2016 15:19

une histoire pas simple d'un point de vue philosophique