"Tribunal", d'André Georgi

Publié le par Paco

Tribunal, d'André Georgi
Black Piranha éditions / 2015
252 pages


L'auteur nous emmène entre la Serbie et sa proche voisine de l'ouest la Bosnie-Herzégovine pour une sorte de chasse à l'homme. Des hommes sont recherchés par le Tribunal de La Haye pour des témoignages capitaux ou alors recherchés par des personnes qui ne désirent pas trop que ces témoignages aient lieu. Trame assez basique.

Je dois dire que cette trame simpliste ne m'a pas du tout convaincu au départ. Je ne me suis pas senti impliqué; l'auteur n'a pas réussi à m'harponner avec son récit que j'estimais en plus mal écrit. Mais, une fois la moitié du récit ingurgité, avec certes quelques maux de gorge, cette histoire prend une tournure un peu plus captivante.

La guerre en Bosnie a engendré pas mal d'ouvrages sur le sujet. Ce conflit qui s'est déroulé entre 1992 et 1995 a fait couler beaucoup de sang, mais aussi beaucoup d'encre.

André Georgi met en avant un volet sanglant de cette guerre, par le biais du procès d'un ancien chef d'une unité d'élite de l'armée serbe appelée "les Loups". La présence d'un témoin clé sera absolument nécessaire pour arriver à une condamnation de ce criminel de guerre.

Ce témoin, qui bénéfice d'une haute protection policière après avoir été amené jusqu'à La Haye, aux Pays-Bas, depuis l'Albanie, ne sera pas en mesure de jouer son rôle capital. C'est la grosse catastrophe aux abords du Tribunal, pas de bol. Jasna Brandič, des forces spéciales, sera donc contrainte de trouver une autre manière d'obtenir la condamnation du Serbe.

Dès le départ, l'auteur nous démontre à quel point un homme enfermé et mis hors d'état de nuire peut encore être puissant et influent. Pressions, menaces, contacts et pognon seront des arguments forts qui donneront beaucoup de mal aux juges pour s'attaquer à ce criminel serbe.

La justice semble molle, moite et inefficace face à autant de haine, de puissance, de provocation et d'organisation. Est-ce la réalité? Peut-être, rien n'est impossible avec ces mafieux issus de la guerre.

La trame de base est intéressante, passionnante, mais le rythme qui s'essouffle toujours un peu plus détruit cet aspect du roman. L'écriture n'aide pas à donner un semblant de légèreté: le style est inélégant, lourd et du coup je décroche sans arrêt. Est-ce un problème de traduction? Allez savoir.

Mais comme je l'ai mentionné au début, le tir est corrigé en cours de route et vise un résultat plus réjouissant.

Au niveau des personnages, je n'ai ressenti aucune émotion. La femme flic qui part à la chasse aux témoins semble vouloir nous dire plein de choses, mais ses propos n'arrivent pas à atteindre mes émotions, peut-être arrivent-ils jusqu'à mes oreilles, tout de même?

L'auteur nous plonge au cœur de la Bosnie et de la Serbie, chose qui m'a d'abord plut, moi qui aime justement découvrir diverses contrées, m'enfouir dans des pays que je ne connais que très peu. Malheureusement, j'aurais souhaité que l'auteur s'y attarde davantage. Peut-être n'en est-il justement pas capable?

Sentiment mitigé au bout du compte, dommage. Je ne m'attarderai pas plus.

Bonne lecture.

Publié dans Littérature allemande

Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 11/02/2016 13:50

C'était tentant, pourtant.